Fonds Paul Juon

Présentation générale

Déposé en 1995 aux Archives musicales, le fonds Paul Juon est d’une richesse inestimable puisqu’il contient l’ensemble de l’œuvre du compositeur, soit près de 100 opus. En plus de partitions manuscrites et imprimées, la collection est constituée de programmes de concert, écrits théoriques, correspondance, photographies ainsi que des enregistrements sonores. Malgré plusieurs années passées dans l’obscurité, l’œuvre de Paul Juon jouit actuellement d’un intérêt renouvelé faisant l’objet de nouvelles interprétations, enregistrements, et recherches musicologiques.

Deux institutions sont chargées du traitement et de la valorisation du fonds:

– la Phonothèque Nationale Suisse (Lugano) conserve et met en valeur les enregistrements;

– les Archives musicales de la Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne conservent et mettent à disposition les partitions, la correspondance, les programmes, les écrits et des documents divers de Paul Juon.

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Biographie: Paul Juon (1872-1940)

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Portrait de Paul Juon, 1929

Moscou 1872, Paul Juon naît d’un père suisse originaire des Grisons et d’une mère de descendance allemande. Enfant précoce, il entre au Conservatoire de Moscou en 1888 pour y étudier le violon avec Jan Hrjmaly ainsi que la composition avec Sergej Taneiew, pianiste, théoricien et pédagogue reconnu, et Anton Arensky, ancien élève du célèbre Rimski-Korsakov. Son élan pour la musique des grands maîtres romantiques lui valent le surnom de « Brahms russe », prétendument inventé par son camarade d’étude Sergueï Rachmaninov. En 1984, le jeune compositeur se rend à l’académie supérieure de musique de Berlin afin de poursuivre ses études dans la tradition germanique. Il rentre en Russie après un an couronné par le Prix Mendelssohn puis déménage définitivement à la capitale allemande en 1897 où il se consacre à l’enseignement et à la composition.

Paul Juon rencontre son premier succès en 1903 lors de la création de sa Symphonie en la majeur Op. 23 à Meiningen. Acclamé par la critique, son travail est ensuite interprété dans de prestigieux festivals et salles européennes. Sa musique de chambre et ses pièces pour piano bénéficient d’une belle notoriété auprès des musiciens et du public. Son travail attire rapidement l’intérêt de la maison d’édition Schlesinger assurant ainsi la publication et distribution d’une grande majorité de ses opus.

En parallèle à ses activités de compositeur, Paul Juon continue son travail de pédagogue acceptant une position comme professeur de composition à l’académie supérieure de musique de Berlin en 1911. Parmi ses élèves se trouvent notamment le compositeur Stefan Wolpe et le pianiste d’origine espagnole Philipp Jarnach. Il devient membre de l’Académie des arts de Berlin en 1919.

En 1934, le compositeur est contraint de fuir les tensions politiques allemandes et se réfugie alors à Vevey où il décède en 1940.

 

En savoir plus

  • Société internationale Juon: le début de la reconnaissance

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    Paul Juon, « Frühlingsgruss », 10 mars 1889

    Fondé en 1998, la société internationale Juon – une association à but non lucratif – participe activement à la promotion de la musique de Paul Juon à l’échelle mondiale. Elle a notamment pour objectif de soutenir les interprètes souhaitant interpréter son œuvre. La société s’attelle également à raviver l’intérêt scientifique pour le compositeur en participant à la parution d’articles et de monographies. Après près de 20 ans, son travail semble avoir porté ses fruits en voyant éclore un nombre exponentiel d’activités musicologiques au sujet du compositeur ainsi que des concerts et enregistrements de qualité ramenant à la vie la musique de Paul Juon.

    Page créée par Kate Espasandin et Verena Monnier, décembre 2016