Fonds Michel Denoréaz

Présentation générale

Déposé en 2013 aux archives musicales, le fonds Michel Denoréaz est un témoignage vibrant de la scène jazz suisse romande au XXe siècle. Du Jazz-Club de Lausanne, aux débuts du prestigieux Montreux Jazz Festival, ce critique dévoué et pilier du mouvement ouvrier vaudois a parcouru les salles, clubs et festivals régionaux, côtoyant lors de ces pérégrinations plusieurs générations de musiciens helvétiques. Ce fonds d’une belle diversité est donc le reflet fidèle d’une scène musicale en pleine effervescence. Il est composé de photographies des plus grands musiciens internationaux et suisses, de coupures de presse, des bulletins des légendaires sessions d’écoute organisées par le Jazz-Club de Lausanne, d’enregistrements « maison » de concerts ou encore d’un essai inachevé intitulé « Du jazz et des hommes » retraçant l’histoire du genre des bayous de Louisiane aux clubs de la « Swing street » new yorkaise.

Deux institutions sont chargées du traitement et de la valorisation du fonds :

– la Phonothèque Nationale Suisse (Lugano) conserve et met en valeur les enregistrements de concerts (traitement du fonds en cours);

– les Archives musicales de la Bibliothèque cantonale et universitaire – Lausanne conservent et mettent à disposition les photographies, coupures de presse, écrits et documents liés aux cessions d’écoute du Jazz-Club de Lausanne.

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Michel Denoréaz, « Du jazz et des hommes« , essai inachevé

 

Inventaire

Fonds Michel Denoréaz: inventaire iconographique

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BBFC, de gauche à droite: Olivier Clerc, Léon Francioli, Jean-François Bovard, Daniel Bourquin, ©Alan Ogheri, Lausanne

 

Biographie: Michel Denoréaz (1924-2013)

Mal Waldron, ©Dany Gignoux, Genève

Mal Waldron, ©Dany Gignoux, Genève

Né à Aigle le 24 juin 1924, Michel Denoréaz est, dès son plus jeune âge, tombé sous le charme du jazz, une musique aux accents encore exotiques en Suisse romande. A 16 ans, une formation comme employé de commerce l’amène à Lausanne où il s’empresse de rejoindre le très fermé Hot Club de France, une association parisienne destinée à la promotion du jazz fondée en 1932. Dans ce même élan, il participe à la création du Jazz-Club de Lausanne fondé par Jonny Siemmen en 1942. Ses locaux situés au Valentin abritent des sessions d’écoute marathoniennes pendant lesquels les membres du club échangent, partagent, écoutent puis réécoutent les dernières nouveautés du genre.

Rapidement, Michel Denoréaz se construit une réputation solide comme critique de jazz écrivant tout d’abord pour « La Voix Ouvrière » sous le pseudonyme de « Medaz » puis pour des nombreux médias romands au lectorat plus large, notamment le 24 Heures. Outre ses activités littéraires, il donne également des conférences sur le blues, le gospel et les musiques d’héritage afro-américain. Son intérêt pour une musique alors considérée comme subversive le rend suspect aux yeux de la police fédérale qui ne manque pas de le ficher.

En plus de son engouement pour la scène américaine, l’aiglon se dévoue passionnément pour la nouvelle scène jazz helvétique. Entre 1967 et 1974, il rejoint le jury du Festival de Montreux et se retrouve parmi les premiers à promouvoir et encourager une nouvelle génération de musiciens suisses dont certains, notamment les membres du BBFC ou encore François Lindemann, ont par la suite mené une carrière internationale.

En savoir plus

  • Jazz Club de Lausanne: témoignage d’une scène effervescente

    24 heures, 23.09.1983

    24 heures, 23.09.1983

    Avec ses écrits, Michel Denoréaz lègue un témoignage important de la scène jazz suisse romande documentant ses balbutiements à Lausanne jusqu’à la création de clubs et festivals prestigieux, notamment celle du Montreux Jazz Festival en 1967. Dès son arrivée dans le chef lieu vaudois en 1942, il participe à la création du Jazz Club de Lausanne. En compagnie d’autre passionnés de jazz, Michel Denoréaz organise des séances d’écoute monumentales avec pour but d’approfondir leur connaissances en parcourant l’histoire du jazz de ses débuts à son explosion avec l’avènement notamment du bebop. Après la perte du local au Valentin, le club se réunit régulièrement chez Michel Denoréaz jusqu’à sa dissolution en 1950.

    En 1955, sous l’impulsion d’un groupe de jeune lausannois, dont le trompettiste Roland Delacrétaz, un nouveau Jazz Club de Lausanne se forme avec pour objectif de « réunir les amateurs de jazz de n’importe quel style ou tendance. » La parution d’un bulletin mensuel documente la scène jazz lausannoise comptant notamment parmi ses contributeurs Serge Wintsch, qui fondera le Festival JazzOnze+ à Lausanne en 1987.

    Page créée par Kate Espasandin et Verena Monnier, décembre 2016.